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Faire des choix de vie et essayer d’être en joie malgré la perspective d’un futur foireux : voici mon plan

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- 08 octobre 2021

Faire des choix, voilà un truc m'angoisse tout à fait. 
Je sais pas ce que j'aime, j'ai toujours peur de faire mal les choses, de ne pas être assez écolo, pas assez engagée, pas assez présente pour les autres, pas assez dans les normes, ou pas assez moi-même et patati et patata. Je ne crois plus trop en l'avenir qu'on m'avait promis à l'école. Je n'ai plus envie de marcher sur le chemin du système actuel, sans trop savoir où je veux marcher à la place. Bref, que ce soit sur le cours ou le long terme, je ne suis jamais sûre de ce que je dois faire ou choisir.
Alors, d'avancer sur une voie qui me semble bien sans faire fondre mon cerveau, j’ai mis en place un plan. Et comme je ne suis peut-être pas seule, je vais le partager. Ce plan qui s’articule sur 3 axes : moi, les autres, le monde.

Axe 1 : faire attention à moi-même

Grosso modo ça consiste à faire des choix me permettent au maximum :
(et dans cet ordre de priorité très exactement. J’insiste.)

• d’assurer ma sécurité et ma santé, physiques et mentale
s
Les trucs classiques quoi, genre respirer, boire, manger correctement. C’est un peu simpliste, je te l’accorde. (Mais paraît-il que c’est pratique pour éviter la maladie, la souffrance ou… LA MORT.) J’ajoute à ça être libre d’être ce que je suis de partout, bien tranquilou. Parce que, mine de rien, ça joue aussi beaucoup sur la santé et la sécurité.

d’être libre, respectée et reconnue comme je suis par les gens qui m’entourent et la société (je te l’accorde, ça rejoint un peu le point précédent).

d’améliorer mon bien-être et mon épanouissement
– avec une vie sociale qui me satisfait et des personnes qui m’apportent des choses positives.
– occuper mon temps comme il me plait, pouvoir m’investir dans des projets et des activités qui m’animent et me font du bien.
– accéder à un confort qui me convient.
Le compliqué de cette affaire, c’est que ça demande de réussir à savoir ce qui me fait du bien et comprendre que ça ne concerne que moi. Pas ce qu’on attend de moi, pas ce que j’ai l’impression qu’on attend de moi. Je sais pas pour toi, mais pour moi, c’est méga difficile.

• de m’apporter de la joie

Là, on est sur une affaire cool mais plus ponctuelle (qui peut cependant alimenter le point précédent).

Ces deux derniers points concernent mes besoins secondaires, et ici, pour bien faire mes choix, j’essaye me concentrer sur ce qui me fait vraiment du bien quitte à délaisser d’autres trucs. Ça me semble important car, bien évidemment, se font dans la mesure des ressources (temps, moyens, compromis, espace mental, environnementales) que je suis prête à leur consacrer. J’essaye aussi toujours d’estimer si ce que va m’apporter un choix justifie l’impact qu’il aura sur les axes 2 et 3.

 

Axe 2 : faire attention aux autres

Dans l’objectif de l’axe 2, il faudrait permettre à chacun.e de remplir l’axe 1 (enfin… n’empêcher personne, c’est déjà pas mal hein) .
Premièrement, pour ce qui est de boire, manger, respirer ça veut dire respecter la planète au maximum (cf l’axe 3 donc) mais aussi respecter l’intégrité physique et mentale des autres : ne pas violenter, ne pas agresser, ne pas harceler, ne pas exploiter, ne pas ignorer, toussa toussa…
Si les gens qui m’entourent (géographiquement et sentimentalement parlant) sont bien et en sécurité, aloooors il y a plus de chances pour que je le sois aussi ! Même les plus égoïstes devraient se retrouver dans cette démarche !

Mais pour faire ça correctement, j’ai dû me rendre compte que je ne faisais pas toujours des trucs bien. Que c’est à cause du système dans lequel j’ai grandi et évolué. Et que les avantages dont je profite sans m’en rendre compte ne sont pas offert à tout le monde.
Pour corriger ça, il faut se préparer à… déconstruire plein de trucs !
Attention ! ça peut faire un peu mal à l’égo de se rendre compte qu’on fait parfois des trucs de connard.sse ! Mais promis, ça va passer.

Grosso modo, pour moi, ça s’est passé en 3 étapes (qui sont un peu mélangées en vraies) :

1 • comprendre et admettre que le mode d’emploi de la vie qui m’a été livré à la naissance a été établi du point de vue d’un homme blanc hétéro de corpulence moyenne de genre 40-50 ans qui se considère comme l’unique norme valable de ce monde. (un concept quand même un peu absurde quand on y réfléchit)
Moi, je suis une femme, cis, blanche, hétéro, de corpulence moyenne, globalement dans la norme au premier coup d’oeil. Il y encore pas longtemps, il y a plein de trucs que subissent les femmes et que je trouvaient normales parce que j’avais bien intégré que c’était « comme ça ». Je connais donc les problèmes et injustices que rencontrent les gens avec une patchole et des nichons. Par contre (même en restant trèèès longtemps en soleil) jamais je ne vivrai les problèmes que vivent les personnes racisées et pourtant, ces problèmes existent.

2 • prendre du recul, accepter, digérer d’information.
ça m’a pris quelques mois. Mais après ça va mieux. La déconstruction n’est jamais finie, mais c’est pas grave hein. Je dirai que c’est plus une gymnastique d’esprit qu’une fin en soit.

3S’ouvrir à d’autres discours et reconnaître que
Et c’est là qu’entrent en jeux le féminisme, la sororité, l’antiracisme et les luttes LGBT et celles contre le colonialisme, le sexisme, la grossophobie, l’homophobie… et tout ce genres de trucs qui veulent juste que chacun puisse simplement s’épanouir là où iel est, OKLM.
 Je suis loin  grosse d’être une grosse militante (ça ce serait le top pour aider, mais je ne m’en sent pas la force pour le moment) mais j’ai au moins décidé d’accepter et reconnaitre les souffrances, expériences et traumatismes des autres comme réelles même si je ne peux pas les comprendre.

« Si quelqu’un se fait marcher sur le pied, ce n’est pas aux gens autour de déterminer son niveau de douleur. »
parole de personne qui a déjà fait 2 jours de randonnée avec un panaris. (C’est moi cette personne.)

Certes, l’axe 2 requiert tolérance et bienveillance. Mais ça ne m’empêche pas de toujours condamner le port de pantacourts à poches latérales et d’aimer le cynisme (parfois c’est quand même trop tentant).

Axe 3 : le monde, la nature quoi

Bon ben… pour la nature c’est mal engagé. Et je peux pas faire grand chose contre ça.
J’essaye quand même d’avoir le moins d’impact sur la planète et l’exploitation de ses ressources, d’où l’intérêt de vraiment réfléchir à ce qui me fait du bien dans l’axe 1. Je suis plutôt fière  car bien avancée avancée sur ces points là, cependant, j’ai encore des trucs à corriger notamment autour de ma consommation d’internet et de mes outils de travail.
Mais quand même :
– j’ai vraiment changé mes habitudes pour réduire mes déchets.
– je n’ai plus de voiture.
– je n’achète presque plus rien de neuf. Ou alors je réfléchis vraiment bien avant (rapport à l’exploitation des ressources ET des gens -> axe 2)
– j’ai arrêté de manger de la viande, du poisson et de boire du lait (ça rejoint un peu l’axe 2 aussi parce qu’on parle d’êtres vivants). Et je réduis ma consommation d’œufs et de fromages.
– j’évite au maximum de prendre l’avion.
– j’essaye de véhiculer tout ça autour de moi.
Clairement, je ne vais pas sauver le monde. Mais ce sont plein de réflexes et d’habitudes qui ont du sens pour moi, qui m’intéressent et qui m’amusent. Alors je continue sur ma lancée, même si je me mets un peu moins la pression qu’avant et que parfois j’achète des trucs emballés.
 Et c’est plein de trucs dont je parle depuis longtemps ici donc je ne vais pas m’étaler plus.

 

Avant, mon plan était de mettre la priorité sur les problématiques environnementales avant tout, mais je me suis rendue compte que les 3 axes de mon plan sont intimement reliés. Alors je sais pas où je vais, mais j’irai selon ce plan : être gentille, bienveillante et raisonnée sur ma consommation. C’est un plan qui me plait, si il y en a qui veulent le suivre aussi : you’re welcome !
J’ai aussi décidé de considérer comme passablement merdiques et néfastes toutes les personnes qui vont sciemment à l’encontre des points de bases de ces 3 principes (histoire qu’on n’aille pas encore me traiter de Bisousnours) et de continuer à juger toutes les personnes qui utilisent des filtres chat sur Tinder.

Et hésite pas en commentaire à venir partager tes angoisses, blocage et tes plans d’actions. Je crois que ce genre de trucs m’intéresse beaucoup ! (rapport à l’axe 2 peut-être)

Et voici quelques comptes Insta à suivre pour s’entrainer à se déconstruire :
@corpscools : pour avoir un autre regard sur la beauté des corps.
@labandedesgros : pour comprendre la violence de certaines blagues anodines dans le cinéma
@preparez_vous_pour_la_bagarre : décryptage des propos sexistes dans les médias
@elodie.arnould : pour aborder le féminisme et l’antiracisme avec de l’humour
@goldenjijy : lui il déconstruit tout sans vergogne
@sansblancderien : sensibilisation à l’antiracisme
@decolonial.voyage : décoloniser la culture du voyage

Bon après il y en a plein d’autres hein, je te laisse un peu chercher aussi !

 

Auteur.e : Laura

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