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De mon regret d’avoir nagé avec des requins baleine

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- 14 mai 2021

En 2018, suis allée à la rencontre des requins baleine, à Holbox, au Mexique. Mais la rencontre n'a pas été magique et inoubliable comme le promettait Internet. Alors je voulais t'expliquer pourquoi je regrette d'avoir fait cette activité. Et je fais ça sous forme de carnet de bord, sans tips touristiques, sans photo magiques, pour partager les choses exactement comme je les ai ressenties.

Cap vers Holbox, aka le paradis

Depuis quelques jours que je voyage avec Tanguy, avec qui j’ai partagé mon premier repas après une semaine de gastro, alitée à regarder mollement les gouttes de pluie s’écraser sur les bananiers du jardin de l’hostel. Forcément ça créé des liens.

Depuis notre arrivée dans le Yucatan, plusieurs personnes nous on parlé de Holbox, une petite île paradisiaque dans le Golfe du Mexique, de ses plages de sables blancs, de ses eaux turquoises et de l’opportunité d’y nager avec les requins baleine qui viennent s’y nourrir durant l’été.
Il ne nous a pas fallu beaucoup plus d’arguments pour ajouter cette étape à nos voyages sans plan.

Cinq heures de route, quelques jours à Valladolid, une nuit de bus, une aube de bateau, la tragique chute de ma gourde dans le Golfe du Mexique et nous y voilà. Et on se rend vite compte que personne ne nous avait dit qu’il y avait autant des moustiques au paradis.

La recherche des requins baleine

Nous y voilà donc, dans ce petit bateau, à l’aube, avec 5 autres touristes, un guide et le capitaine. On s’élance au large sous un ciel chargé de nuages à la recherche des fameux requins baleine. Les guides cherchent, nous on fait connaissance entre touristes : un couple de français, deux allemandes et un argentin. Ça dure plusieurs heures.

Cinq heures à subir les complaintes d’une française toute de Quechua vêtue sous sa serviette microfibre et deux centimètres de crème solaire. Cinq heures à entendre les encouragements de son mari, tout de Quechua vêtu aussi, tartiné de crème solaire aussi, qui veut vraiment y arriver car il est un winner. Cinq heures comme ça, c’est long. Fort heureusement, on parle assez de langues pour sympathiser avec tous les autres.
Je me rends peu à peu compte que nous sommes une vingtaine de bateaux comme le notre à sillonner la mer dans tous les sens depuis le levé du jour, pour trouver en premier les stars absentes sensées partager une baignade avec nous. Chaque fois que quelqu’un semble apercevoir l’ombre d’un requin baleine, toutes les embarcations se ruent comme des furies vers cet endroit.

Et je commence à sentir un malaise.
Les requins baleine replongent des les profondeurs à chaque fois. Le guide nous explique alors que c’est parce qu’ils n’aiment pas les nuages. Cependant, j’aurais tendance à émettre doutes quant à cette théorie. Si j’étais un poisson de 20 000 kl, j’imagine que les vrombissement assourdissants de vingt bateaux à moteur qui me foncent dessus me sembleraient plus dérangeants que les nuages. Mais mes connaissances en animaux marins sont plutôt faibles.

La rencontre

Nous réussissons à trouver deux requins baleine. Ni une, ni deux, les pauvre se retrouvent encerclés par les 20 embarcations, chacune lâchant un binôme de touristes tout crémés toutes les deux minutes, deux fois. J’ai donc nagé avec des requins baleine. Deux fois deux minutes. Soit quatre minutes dans ma vie. Quatre minute à tenter de ne pas entrer en collision avec un autre touriste vivant un  »moment magique » sous son tuba. Mais de ce moment, je retiendrai plus de malaise que d’émerveillement, comme vendu dans les blogs voyage.

Oui, c’est impressionnant. Oui, la nature est grandiose. Mais il n’y a rien de naturel dans cette « rencontre ». Ma petite satisfaction personnelle d’ajouter une croix dans la To Do List de ma vie vaut-elle vraiment la peine de déranger des animaux qui ne font que vivre la leur ?
Les requins baleine de leur côté, rêvent-ils de « Faire une rencontre magique avec 140 nouveaux humains chaque matin 4 mois par an » ?

Les seules précautions apparentes prises pour garantir le respect des animaux ici sont : ne pas plonger tous en même temps et ne pas les toucher. Ce qui est déjà bien, mais pas vraiment top.

Avec le recul, il me semble absurde de payer pour une activité dont l’attraction principale est un être vivant, sauvage et probablement non-consentant qui n’en tirera jamais aucun bénéfice. Qui suis-je pour vouloir  »rencontrer » coûte que coûte des êtres qui n’ont jamais rien demandé ?
Ma vie n’aurait pas été différente si je ne les avais pas vus.
 J’ai juste participé à répandre du gasoil dans la mer et pourchasser des animaux en danger de disparition pour nager quatre minutes avec eux. C’est absurde.

Le reste de l’excursion était bien mieux, heureusement. Mais ça, Internet le raconte déjà 1000 fois et je veux juste partager les impressions qu’on préfère ignorer, dans l’espoir de faire résonner d’autres sons de cloches moins mélodieux.

Conseils à moi-même : ne plus jamais faire ça

Depuis ce jour, j’ai décidé de me dresser quelques règles, si jamais je veux aller observer des animaux dans leur milieu naturel :

• Choisir une excursion qui ne garanti pas le succès. Le monde est un lieu peuplé d’êtres libres et dotés de sentiments qui ne sont ni à mon service, ni dans l’attente de me rencontrer (bien que tout le monde gagnerait à croiser mon génie, c’est certain.)

Prendre le temps, même si c’est long. Même si le succès n’est pas garanti. Si c’est vraiment un truc dont je rêve, ça vaut et ça mérite bien quelques efforts.

• Choisir un moyen de locomotion plus respectueux de l’environnement :
– qui utilise un minimum d’essence. Kayak, voilier, pédalo, vélo, marche… il y a plein de solutions.
– plus silencieux : le bruit est aussi une pollution indésirable. Notamment dans l’eau, où le son porte énormément.
– plus doux : On n’est pas obligés de tout remuer et de tout détruite chaque fois qu’on veut faire un truc, mais ça demande d’y aller plus tranquilou. Par exemple, les bateaux à moteurs qui vont très vite et plusieurs fois par jours près des côtes créent des courants qui détruisent peu à peu les sols.


• Ne pas mettre de crème solaire dans l’eau. Je préfère avoir des coups de soleil ou chaud sous mon t-shirt que de répandre dans l’eau des produits dont j’ignore l’impact. (sauf si je suis vraiment très très très sûre qu’elle est très très safe. Et même ça, je suis pas bien sûre d’en être un jour suffisamment sûre.)

Et, en conclusion, je ne veux plus jamais essayer de voir un être vivant parce que JE l’ai décidé, quand JE l’ai décidé (sauf mes amis puisqu’ils sont là pour ça. Ils ont choisi cette sentence  de leur plein grès, maintenant ils assument.).
Me contenter de ce que la nature a à m’offrir dans le temps que je suis prête à lui consacrer.
Et cette excursion m’aura au moins permis de dresser cette règle primordiale dans ma vie de nomade. Alors pour quand même rendre cette expérience utile, j’ai choisi de la partager avec toi.

Auteur.e : Laura

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Commentaires

Commentaires (4)

  1. Rhooooo ça me parle ce que tu dis. En 2012, me voilà en Thaïlande avec mon frère et des amis. A l’époque, les Internets n’étaient pas aussi développés (disons qu’on n’était pas de longue le nez sur le portable). On a voulu aller voir des éléphants ! QUELLE ERREUR = j’en ai pleuré sur le chemin du retour. Alors oui j’ai fait une balade sur un dos d’éléphant, mais j’ai eu le coeur brisé de voir comment il l’est traité.

    Par chance aujourd’hui ce type de tourisme a été dénoncé grâce à des articles comme le tien ! Donc Merci pour ton partage authentique car c’est bien aussi de voir l’envers du décor « instagram/influence ». Le tourisme de masse est une catastrophe écologique.

    Vive la vie, du love et des mojitos 🙂

    1. Merci pour ton retour !☺️
      Même si c’est pas très joyeux cette histoire d’éléphants. Heureusement qu’on s’en rend compte et qu’on en parle de plus en plus.
      La leçon que je retiendrai c’es t que dans leur milieu naturel ou en captivité, les animaux sont exploités sans réflexion, ni respect.

      Mieux vaut boire des mojitos ! haha ! 💚💚

  2. Merci pour ce retour !
    Voir des requins-baleine a été un de mes rêves pendant quelques années … En lisant ton article, je me rends compte qu’effectivement les requins-baleine n’ont pas grand chose à gagner de ces expériences. Tu m’épargnes sans doute des remords si un jour j’avais décidé de partir à leur rencontre via une expédition pour touristes 😉

    1. Après, peut-être que j’ai eu pas de chance et qu’ils avaient vraiment peur des nuages.
      Mais je suis contente si mes remords à moi épargnent à certaines personnes d’en avoir aussi, au moins ils sont un peu utiles.:)
      Peut-être que ça t’aidera à choisir l’expédition parfaite pour aller les voir un jour !

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